
Les suppliantes
Du 13 au 31 octobre 2026
Communiqué — Pour diffusion immédiate
La migration, de l’Antiquité à aujourd’hui
Montréal, le jeudi 17 septembre 2026 — Dès le 13 octobre, l’artiste maintes fois primée Sophie El-Assaad, connue pour ses remarquables conceptions, signe avec Les suppliantessa première création théâtrale sur une grande scène!
Fuyant la violence de leur terre natale, un chœur de migrant·es défendu par des interprètes de divers horizons (Melania Maria Balmaceda Venegas, Charo Foo Tai Wei, Nora Guerch, Jorge Martinez Colorado,Philippe Racine, Micha Raoutenfeld) supplie le roi (Papy Maurice Mbwiti) de lui accorder l’hospitalité.
Dans sa réinterprétation de ce classique grec, Sophie El-Assaad fait résonner l’œuvre empreinte de compassion d’Eschyle avec les enjeux malheureusement encore d’actualité des demandeur·ses d’asile, les systèmes déshumanisants qui encadrent leurs trajectoires et le cycle de violence dont il devient difficile de s’échapper.
Pour déployer cette fresque humaine et politique, l’artiste utilise les codes visuels pour incarner, dans les corps et l’espace, la force et la vulnérabilité des migrant·es. Marquée par son parcours en arts visuels et en sculpture, sa démarche explore l’identité culturelle ainsi que les dynamiques sociopolitiques qui la modèlent. Avec Les suppliantes, celle qui avait signé la mise en scène d’un acte phare de La Mouette en 2024 au Prospero propose une expérience sensorielle faisant dialoguer mythe et mémoire personnelle.
Ne manquez pas cette nécessaire invitation à l’empathie au Théâtre Prospero, à voir du 13 au 31 octobre 2026! Il s’agira par ailleurs du dernier spectacle présenté avant que ne débute le vaste chantier de revitalisation du lieu.
LA PIÈCE
Malgré la simplicité du récit, la pièce d’Eschyle soulève des questions complexes permettant d’éclairer encore aujourd’hui les enjeux touchant à la migration. Un groupe de Danaïdes d’origine argienne atteint Argos pour demander la protection du roi. Celui-ci tient entre ses mains leur survie : il ne leur reste qu’à supplier, à attendre. Leur exil fait écho au sort de leur ancêtre, Io, une mortelle agressée par Zeus, puis transformée en vache et condamnée à errer sur la terre, tourmentée par les dieux. Réduite au silence et racontée par les autres pendant des siècles, son histoire reflète l’absence de contrôle qu’ont les migrant·es sur leur propre destin. Dans une succession de tableaux visuels, charnels et mouvants, Les suppliantes brise le quatrième mur pour redonner voix aux corps objectivés.
« Je revenais sans cesse au mythe d’Io — cette mortelle transformée en vache par Zeus — et à l’idée qu’une personne puisse être transformée en quelque chose qui peut être contrôlé, craint ou détesté. Je pense souvent à la façon dont une identité peut être mythifiée à des fins politiques. Certaines personnes naissent nuages, d’autres naissent vaches. J’essaie de retrouver l’humain à travers tout ça. » – Sophie El-Assaad
ESCHYLE
Eschyle (525-456 avant J.-C.) est considéré comme le père de la tragédie grecque. Auteur d’entre 70 et 90 pièces, il a eu une influence importante sur le développement du genre. Il augmente notamment à deux le nombre de personnages face au chœur, développant ainsi les possibilités narratives, et fait preuve d’un grand esprit d’innovation à la scénographie et aux costumes. Seules sept pièces d’Eschyle nous sont parvenues. Les suppliantes lui aurait valu en 463 avant J.-C. l’un de ses treize prix au concours théâtral.
SOPHIE EL-ASSAAD
Sophie El-Assaad est une artiste qui travaille dans les domaines des arts visuels, de la scénographie et de la mise en scène. Ayant grandi à Bahreïn, d’origine britanno-libanaise et désormais établie à Montréal, son œuvre s’articule autour des questions du chez-soi, de l’appartenance et du déracinement.
El-Assaad crée des espaces viscéraux et poétiques qui interrogent la fabrication des monstres et ce qu’ils révèlent des mondes qui les créent. Sa pratique explore l’identité culturelle et les forces sociopolitiques qui la construisent, l’imposent et la transforment. Elle examine les croisements entre mythologie, idéologie et pouvoir, et la manière dont les récits façonnent notre compréhension de nous-mêmes et des autres. La matérialité occupe une place centrale dans sa pratique, notamment dans son rapport au corps. À travers la fragilité, la rupture et la transformation, son travail explore des états cycliques et violents de devenir et de dé-devenir.
Titulaire d’une maîtrise en arts visuels, sa recherche porte sur les traces du traumatisme et de la mémoire dans les corps de la diaspora. Elle coach à l’École nationale de théâtre du Canada. En 2025, El-Assaad a reçu les prix François-Barbeau et Gascon-Roux pour ses conceptions de costumes et a été finaliste du prix Jovette-Marchessault en 2021. Les suppliantes est sa première mise en scène sur une grande scène.
MELANIA MARIA BALMACEDA VENEGAS
Diplômée de l’École de théâtre professionnel du Collège Lionel-Groulx et bachelière en études théâtrales, Melania Maria Balmaceda Venegas est une passionnée de théâtre. Actrice polyvalente qui ne craint pas le ridicule, elle est une créatrice qui aime sortir des sentiers battus. Dans ses temps libres, elle aime chanter, danser et écrire. Son identité́ culturelle est une source d’inspiration importante dans son processus créatif. Étant latino-américaine et née au Québec, elle a baigné dans deux langues et deux cultures totalement différentes. Ce mélange teinte ses références et son caractère : elle est une force tranquille qui brûle de passion pour tout ce qu’elle entreprend. En 2022, elle tourne le film Sucré Seize d’Alexa-Jeanne Dubé. Elle joue en 2025 dans la deuxième saison de la série Inspirez expirez et dans Casse-Gueule en 2026. Au théâtre, on a pu la voir dans bb fleur (Théâtre Prospero), Les passages de Garro (TNM) et Pakuneu (CTD’A).
CHARO FOO TAI WEI
Charo Foo Tai Wei est une artiste multidisciplinaire basée à Montréal, interprète, chorégraphe et créatrice en mouvement. Originaire de Singapour, elle se forme dès l’enfance en danse classique chinoise avant de s’installer au Québec pour étudier la danse contemporaine à L’École de danse de Québec. Son parcours artistique réunit la danse, le théâtre, le rituel et la recherche corporelle. De 2007 à 2013, elle tourne à l’international avec Ex Machina dans Le Dragon bleu / The Blue Dragon de Robert Lepage. Au théâtre, elle collabore également avec le Stratford Festival, notamment dans Salesman in China et Wendy and Peter Pan. Elle agit aussi comme conseillère en mouvement, entre autres pour Chimerica chez Duceppe.
Depuis 2015, Charo approfondit sa pratique du butō auprès de plusieurs maı̂tres et pédagogues reconnus à l’international. Son travail explore la mémoire, la transformation, la migration, l’identité, ainsi que les espaces fragiles entre visibilité et disparition. Comme chorégraphe, elle crée Jin Gu Bang / The Golden Stick Ritual, présenté à CanAsian Dance et à Tangente, ainsi que Yearning, solo présenté au Festival Accès Asie et à Tangente. Son langage artistique est nourri par la précision, la vulnérabilité, les paysages intérieurs et une tension poétique entre mémoire, rituel, transformation et présence scénique.
NORA GUERCH
Diplômée en jeu de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM en 2013 et riche d’études en littérature comparée et en cinéma à l’Université de Montréal, cette jeune interprète d’origine marocaine enchaîne les rôles depuis sa sortie de l’école. Au théâtre, Nora collabore avec Le Groupe de la Veillée, Théâtre I.N.K. et Porte Parole. Elle a la chance de fouler les planches du Prospero, d’Espace Libre, des Écuries, du Centaur, du Segal et de Duceppe où elle interprète avec brio les rôles qui lui sont confiés. Elle participe à plusieurs longs et courts métrages depuis 2016. C’est à la télévision que Nora se démarque plus particulièrement. Elle interprète entre autres des premiers rôles réguliers dans la série The Bold Type, Blue Moon, ainsi que dans la série Transplant, où elle se met dans la peau d’une jeune réfugiée syrienne qui retrouve son fiancé qui la croyait morte depuis des années. Plus récemment, nous avons pu la voir dans Chouchou, Cerebrum et Plan B. Trilingue, Nora travaille en français, en anglais et en arabe.
JORGE MARTINEZ COLORADO
Jorge Martinez Colorado est un comédien diplômé de l’École de théâtre de l’Université Veracruz, au Mexique. Il a aussi, par la suite, été formé à l’UQAM et chez Omnibus. Acteur polyvalent, il joue autant à la télévision, au cinéma qu’au théâtre. On a pu le voir dans la série Le temps des framboises (saison 1 et 2), réalisée par Philippe Falardeau, où il interprétait de façon bouleversante le personnage d’Emilio. On le retrouve aussi dans STAT, Dumas (saison 3) et Après le déluge (saison 1 et 2). Au cinéma, on a pu le voir dans Le coyote réalisé par Katherine Jerkovic, performance qui lui a valu le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival du film de Whistler, au Festival du film de Brooklyn et au Festival du film Fargo. On le retrouve aussi dans le film Invisible America réalisé par Christian de la Cortina et on le verra prochainement dans le film El Padrote réalisé par Andrés Estrada.
PAPY MAURICE MBWITI
Né à Kinshasa, en République démocratique du Congo, Papy Maurice Mbwiti est titulaire d’une licence en relations internationales. Comédien, auteur, metteur en scène et directeur artistique, il a parcouru l’Afrique et l’Europe, visitant de nombreux théâtres, notamment la Comédie-Française et le Théâtre royal flamand de Bruxelles, ainsi que plusieurs festivals de renom tels qu’Avignon, Limoges et Paris Quartier d’Été. Il dirige la compagnie Mbila Kréation ainsi que l’Espace culturel Les Béjarts à Kinshasa, un lieu consacré à la formation, à la création, aux échanges et à la diffusion des arts de la scène.
À titre d’interprète, il participe à la création de Dis merci (2018) de Catherine Bourgeois, Corps titan (titre de survie) (2021) d’Audrey Talbot, mis en scène par Philippe Cyr, Cette colline n’est jamais vraiment silencieuse (2023) de Gabriel Plante et MMMMM comme les oiseaux (2026) d’André Gélineau, mis en scène par Dave Jenniss. On pourra le voir prochainement au Théâtre de Quat’Sous dans Le violon d’Adrien. Il a été interprète et assistant à la mise en scène de Histoire(s) du théâtre II de Faustin Linyekula, présenté au Festival d’Avignon en 2019 puis au NTGent, en Belgique, en 2020. En 2021, il obtient une Attestation d’études collégiales (AEC) en médiation culturelle au Cégep de Saint-Laurent.
PHILIPPE RACINE
Acteur et créateur polyvalent, diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, il conjugue talent et expérience au théâtre en tant qu’acteur (Nyotaimori, L’Énéide, Contre la suite du monde, TRIP), dramaturge (Toutou Rien, Lequel est un Basquiat et plusieurs textes en théâtre d’intervention) et metteur en scène (Qui veut la peau d’Antigone?, M’appelle Mohammed Ali). En 2019, il fut artiste en résidence au TNM. Il est aussi administrateur de compagnie (Qui Va Là, Théâtre de la Sentinelle), marionnettiste (Philémon et Baucis, Baobab), doubleur (Diggstown, Transplanté, Loki), compositeur, enseignant et médiateur théâtral. Il est enseignant invité à l’École nationale de théâtre du Canada. À la télé, il a eu des premiers rôles dans District 31, Larry et Doute raisonnable.
MICHA RAOUTENFELD
Micha Raoutenfeld (iel/they) est un·e artiste en constante mutation d’origine slave et québécoise. Son parcours s’ancre dans sa double identité et dans une avidité d’influences et de pratiques diverses. Naviguant entre les postures de metteur·e en scène, d’auteur·e et de performeur·e, c’est dans la marge, accompagné·e par la déconstruction et la remise en question des schémas dominants, qu’iel s’épanouit.
ÉQUIPE DU SPECTACLE
Une création du
Prospero
En coproduction avec
Sophie El-Assaad
Texte
Eschyle
Traduction
Leconte de Lisle
Adaptation et mise en scène
Sophie El-Assaad
Avec
Melania Maria Balmaceda Venegas, Charo Foo Tai Wei, Nora Guerch, Jorge Martinez Colorado, Papy Maurice Mbwiti, Philippe Racine, Micha Raoutenfeld
Scénographie et accessoires
Léo Gaudreault
Lumière
Leticia Hamaoui
Costumes
Sophie El-Assaad
Musique
Antoine Berthiaume
Vidéo
Zachary Noël-Ferland
Dramaturgie
Marie-Christine Lê-Huu
Mouvement
Estelle Clareton
Coaching vocal
Luc Chandonnet
Assistance aux costumes
Mayumi Ide-Bergeron
Assistance à la mise en scène
Jean Gaudreau
Régie
Marie-Frédérique Gravel
Chef d’atelier décor
Jocelyn Proulx
Direction technique
Charlie Loup S. Turcot
Direction de production
Catherine Comeau
Remerciements
Olivier Proulx
Ce spectacle est présenté par Caisse d’économie solidaire Desjardins
INFORMATIONS
Dates de représentations Première médiatique
Du 13 au 31 octobre 2026 Jeudi 15 octobre 2026 à 19 h 30
Mardi au vendredi à 19 h 30
Samedi à 15 h
Théâtre Prospero Réservation et billets
1371, rue Ontario Est 514 526-6582
Montréal (Qc) H2L 1S2 billetterie@theatreprospero.com
theatreprospero.com
LIBRE DE CHOISIR SON TARIF
Soucieux de rendre le théâtre plus accessible, le Prospero propose une tarification flexible et simplifiée, basée sur la confiance. Chacun·e est libre de choisir le tarif le mieux adapté à sa situation, et ce, peu importe son âge. Aucune justification ne sera demandée.
Le coût du billet et le revenu ne doivent pas être des obstacles aux arts vivants.
45 $ – Régulier
55 $ – Solidaire
36 $ – Réduit
26 $ – Accessible.
Remerciements
Le Théâtre Prospero et remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien, le Conseil des arts de Montréal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, la Caisse d’économie solidaire Desjardins et Hydro-Québec pour leur inestimable soutien financier. Le Prospero remercie également Le Devoir, son partenaire média.

