
Laarm de Plœrs
Du 28 avril au 16 mai 2026
Bientôt au Prospero : la vie et l’œuvre
de « la reine du scandale »!
Montréal, le jeudi 16 avril 2026 — Dès le 28 avril, la Salle principale du Prospero prend les allures d’une galerie d’art pour remettre en question le pouvoir et le rôle de la création dans la société. L’incontournable Christian Lapointe y présente la pièce de théâtre Laarm de Plœrs, qu’il a écrite et mise en scène, produite par Carte blanche. À travers son nouveau projet, à l’instar de ses chroniques et de ses interventions publiques, l’artiste revendique la fonction politique de l’art.
QUI EST-ELLE?
Surnommée « la reine du scandale », l’artiste de théâtre Laarm de Plœrs est excessivement polarisante. Partout sur le globe, son œuvre déchaîne les passions; certains pays interdisent même sa diffusion. Ses pièces scandaleuses appellent au meurtre de chefs d’État et de grandes entreprises, ou encore incitent la jeunesse à se suicider en masse. À l’âge de 31 ans, l’artiste meurt dans des circonstances nébuleuses, laissant un texte inachevé intitulé Revanches. Suicide ou assassinat? Peu importe, car Laarm de Plœrs n’existe pas.
Par le truchement de cette artiste néerlandaise fictive, Christian Lapointe pose la question de la place de l’artiste dans le débat public et dans la renégociation des tabous. À une époque où la montée du fascisme appelle le radicalisme, l’œuvre rappelle que la révolution contient toujours une touche d’inacceptable. Au-delà des réactions épidermiques, cette notion exige une réflexion de fond. Se débarrasser de l’injonction de plaire à tout le monde permet à l’art d’explorer de nouveaux territoires et de tester les limites par la fiction.
Livrant son premier texte original depuis 2012, Christian Lapointe déploie ici un ingénieux concept et s’amuse avec la métathéâtralité. Observant l’écosystème auquel il appartient, l’auteur et metteur en scène reconnu pour son travail singulier scrute l’appareil critique, les événements mondains et les dynamiques de pouvoir du milieu. Dans la version publiée du texte (Les Herbes rouges, sortie le 3 avril 2026), on trouve des textes inachevés de l’autrice fictive, des pages couverture, des analyses de son travail. En plus du texte joué, Lapointe s’est amusé à ajouter des textes d’auteurices du même groupe révolutionnaire et autres appendices, pastichant par le fait même l’appareil critique contemporain.
QUAND LES MINIATURES CONTAMINENT LE RÉEL
Si la figure de Laarm de Plœrs est scandaleuse, la pièce ne prend toutefois pas le pari du choc. Sur scène, ses complices Sylvio Arriola et Amélie Dallaire sont respectivement galeriste et commissaire. Ensemble, iels préparent le lancement du livre posthume de l’artiste dans une galerie d’art peuplée de miniatures créées par Mathieu Arsenault pour représenter des moments de la vie de Laarm de Plœrs. La pièce flirte entre réalité et fiction, se joue des mécanismes de l’ère de la post-vérité pour faire émerger le doute sur les archives de l’autrice néerlandaise. Les interprètes sont progressivement contaminés par les miniatures et par l’œuvre de Laarm de Plœrs.
Depuis 2001, Christian Lapointe a créé plus d’une trentaine de pièces et de performances aux formes scéniques multiples et surprenantes. Ses plus récentes créations sont Hiroshima mon amour, une adaptation pour opéra contemporain et Use et abuse, une performance incisive créée avec Alix Dufresne prenant pour matière une prise de parole controversée du philosophe Alain Deneault. Lapointe a auparavant présenté au Prospero Axël de Villiers de l’Isle-Adam (2006), Oxygène d’Ivan Viripaev (2013-2014, puis 2025-2016) et Quand nous nous serons suffisamment torturés de Martin Crimp (2021-2022). Ces œuvres sans compromis trouvent une résonance avec l’œuvre de Laarm de Plœrs elle-même.
« On cherche beaucoup à nous diviser entre femme et homme, fumeur·ses et non-fumeur·ses, riches et pauvres, etc., mais il n’y a que deux vraies catégories d’êtres humains : les vivant·es et les mort·es. Le théâtre est l’art des vivants de faire parler les morts. » – Christian Lapointe
LES ARTISTES
Depuis 2001, Christian Lapointe a créé plus de 30 pièces et performances, s’imposant comme une figure atypique sur la scène théâtrale. Il a notamment donné au Festival TransAmériques une performance de 70 heures sur l’œuvre d’Antonin Artaud et a fait écrire, par le théâtre, la Constitution citoyenne du Québec. Inspiré de symbolisme, il puise dans l’art-performance, articulant son écriture de plateau autour des dispositifs scéniques et flirtant avec l’installation vidéo.
Ses créations ont été présentées dans nombre d’institutions québécoises, ainsi qu’au Festival d’Avignon, au Royal Court Theatre à Londres, à la Schaubühne de Berlin et à plusieurs reprises au Festival TransAmériques, au Carrefour international de théâtre de Québec et au Centre national des Arts.
En 2022, il crée Not One of These People, mettant en scène le dramaturge Martin Crimp. Il compose également la musique de LiY, un groupe qu’il forme avec le dramaturge Simon Stephens et la créatrice Laurence Dauphinais. En 2025, il adapte en théâtre opératique Hiroshima, mon amour de Marguerite Duras.
SYLVIO ARRIOLA
Québécois d’origine latino-américaine, Sylvio Arriola est passionné par la recherche artistique et le jeu d’acteur sous toutes ses formes. Depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique en 2002, il a joué dans plus d’une trentaine de productions avec des metteur·ses en scène tels que Robert Lepage, Wajdi Mouawad, Brigitte Haentjens, Christian Lapointe et Frédéric Dubois. Ces dernières années, il faisait partie des distributions de Lolita n’existe pas, à Fred-Barry (2022), Salle de nouvelles au Théâtre Duceppe (2023) et Parents et amis sont invités à y assister au Théâtre de Quat’Sous (2023). Au cinéma, il a été nommé comme meilleur acteur de soutien aux Prix écrans canadiens (2018) pour son interprétation dans le film All you can eat Bouddha de Ian Lagarde. Il s’associe aussi aux distributions des longs-métrages Le coupable d’Onur Karaman, Nouveau Québec de Sarah Fortin et Jour de merde de Kevin T. Landry. Au petit écran, nous avons notamment pu le voir dans Sorcières, Empathie et L’œil du cyclone. Depuis 2021, il collabore comme artiste-enseignant à l’École supérieure de théâtre (UQAM) et à l’École nationale de théâtre du Canada.
AMÉLIE DALLAIRE
Amélie Dallaire est une artiste multidisciplinaire. Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2006, elle s’est rapidement imposée au cinéma et sur les scènes théâtrales du Québec. Elle a participé à des films marquants, tels que Trois saisons (2008) de Jim Donovan, Laurentie (2011) de Mathieu Denis et Simon Lavoie, ainsi que La femme de mon frère (2019) de Monia Chokri. À la télévision, elle était des distributions de In memoriam, Corbeaux et 5e rang.
Sur les planches, Amélie Dallaire s’est distinguée par sa polyvalence. Dans les dernières années, elle a brillé dans Une fin au CTD’A (2025, m.e.s. Patrice Dubois et Laurence Dauphinais), Anatomie d’un suicide à l’Usine C (2024, m.e.s. Brigitte Poupart), Cette colline n’est jamais vraiment silencieuse, présenté à La Chapelle, puis au Prospero (2024, m.e.s. Gabriel Charlebois-Plante) et Autobiographie du rouge à ESPACE GO (2025, m.e.s. Gabriel Charlebois-Plante). Elle a également collaboré avec de nombreux·ses autres metteur·ses en scène, notamment Félix‑Antoine Boutin, Sébastien David, Mathieu Quesnel, Olivier Morin et Philippe Lambert. En tant qu’autrice, elle a écrit plusieurs pièces dont Queue cerise, créée au CTD’A (2016, m.e.s. Olivier Morin), La Fissure, présentée au Théâtre La Licorne (2019), Limbo (2022) jouée au Théâtre Aux Écuries et reprise au Théâtre Prospero en 2024 et tout récemment Le langage clair (2026), toutes trois mises en scène par elle-même.
EXTRAITS DE LA PIÈCE
Nous, les Néo-tragiques, avons décidés de nous plier à des conventions régissant notre art, art que nous considérons comme sacré et profane à la fois. Cette liste nous guide dans la recherche d’une pratique véritable.
1. Ne jamais accepter de commande.
2. Être rémunéré est un prolongement de la pratique artistique et non l’inverse.
3. Ne pas chercher à provoquer.
4. Ne pas chercher à ne pas provoquer.
5. Refuser de donner toute entrevue.
6. Ne jamais jouer dans une pièce à soi.
7. Réfuter tout prosélytisme quel qu’il soit, même les effets coercitifs de cette liste.
8. N’écrire que par nécessité.
9. Ne jamais se poser en victime.
10. Le documentaire et l’auto-fiction sont absolument proscrits de nos pratiques.
11. Refuser l’utilisation de traumavertissement.
12. Ne se soumettre à aucune ligne politique extérieure à la pratique artistique, en particulier celles de donateurs, de commanditaires ou de subventionneurs.
13. Pourfendre l’art thérapie.
14. Chercher à produire un effet profond de catharsis mais seulement après avoir installé des mécanismes ostentatoires de distanciation.
15. Ne jamais faire d’étape de travail avec sondage auprès du public concernant la question de l’intelligibilité et/ou du sens de l’œuvre.
Ne jamais lire les critiques.
Fuir les médias sociaux.
En créant, faire confiance à l’intelligence de l’assistance en se considérant comme la personne la moins intelligente qui fréquentera l’œuvre.
Ne jamais expliquer le sens de ses œuvres.
Aller loin.
Se poser constamment en objecteur de conscience.
Créer des énigmes : ne donner aucune solution.
Proscrire la création d’œuvres à message.
Détruire constamment ses œuvres précédentes avec les suivantes.
Fuir le savoir-faire.
Chercher la peur; pour soi-même d’abord, celle des autres ensuite.
N’utiliser que de véritables fluides corporels.
S’arrêter pour de bon de créer avant de devenir l’image de soi-même.
Ne jamais faire de reprise.
Ne jamais se suicider.
ÉQUIPE DU SPECTACLE
Une création de
Carte Blanche, en collaboration avec Recto-Verso
Texte et mise en scène
Christian Lapointe
Avec
Sylvio Arriola, Amélie Dallaire
Scénographie
Julie Lévesques
Lumière
Martin Sirois
Musique et conception vidéo
Christian Lapointe
Conseiller dramaturgique à l’écriture
Paul Lefebvre
Miniatures
Mathieu Arsenault
Stagiaire en dramaturgie
Adèle Boris
Assistance à la mise en scène, direction technique et de production, régie
Claudie Gagnon
Adjointe technique et régie
Marie-Frédérique Gravel
Avec le soutien de
Ville de Québec, Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada
INFORMATIONS
Dates de représentations Première médiatique
Du 28 avril au 16 mai 2026 Jeudi 30 avril 2026 à 20 h
Mardi, jeudi à 20 h
Mercredi, vendredi à 19 h
Samedi à 15 h
Théâtre Prospero Réservation et billets
1371, rue Ontario Est 514 526-6582
Montréal (Qc) H2L 1S2 billetterie@theatreprospero.com
theatreprospero.com
REMERCIEMENTS
Le Théâtre Prospero remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien, le Conseil des arts de Montréal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, la Caisse d’économie solidaire Desjardins et Hydro-Québec pour leur inestimable soutien financier. Le Prospero remercie également Le Devoir, son partenaire média.

