
Le 3 novembre dernier, dans la magnifique salle Pierre-Mercure, la série «Jeunes étoiles» de l’Orchestre Classique de Montréal (OCM) présentait un très beau concert principalement baroque, composé du Gloria de Vivaldi, accompagné par les Petits Chanteurs du Mont-Royal, précédé d’un concerto pour piano de Bach et d’une composition très originale de Vania Angelova.
En cet après-midi frisquet de l’automne, il faisait bon de se rassembler pour écouter ce très beau concert
magnifié par les superbes voix des Petits Chanteurs du Mont-Royal, interprétant avec cœur le célèbre Gloria de Vivaldi. En première partie, la compositrice bulgare Vania Angelova – d’ailleurs présente sur place – nous présentait sa surprenante et pétillante pièce « Danse païenne sur des charbons ardents », décrivant en musique un rituel de son pays natal, appelé le « Nestinarstvo », et qui consistait en une danse sur des charbons ardents, pour chasser la maladie, conserver la santé et obtenir la prospérité. Cette pièce met de l’avant la richesse, la spiritualité et l’authenticité rythmique des danses rituelles bulgares, pratiquées par des danseurs (« nestinari ») pieds nus sur des charbons ardents. Cette pièce, évoquant le mystère du feu et des danseurs en extase, a été reconnue en 2008 comme l’une des meilleures compositions de l’année.
Ce concert, dirigé par le chef d’orchestre Boris Brott, directeur artistique de l’OCM depuis 2000 et fils aîné des créateurs de cet orchestre, s’est poursuivi avec la présentation du Concerto pour piano en ré mineur BWV 1052 de Johann Sebastian Bach. Ce concerto, originalement créé pour violon, a ensuite été adapté pour l’orgue, et finalement pour le clavecin. La pianiste de renom Anne-Marie Dubois en a livré une très brillante interprétation. Cette pièce baroque d’une grande virtuosité, composée de trois mouvements, soient Allegro, Adagio et de nouveau Allegro, marie, dans le 2ème mouvement, la ligne mélodique du piano avec l’accompagnement d’orchestre dans la main gauche, alors que les deux mouvements Allegro partagent une structure harmonique similaire, signature sans équivoque de Bach. Ce compositeur pilier du XVIII ème siècle s’est caractérisé par la tradition polyphonique de son œuvre et par son côté révolutionnaire, qui a réduit la structure musicale à une mélodie accompagnée par une basse continue.
Après une entracte de vingt minutes, au cours de laquelle nous avons été gracieusement régalés des délicieux chocolats de « M. et Mme. Chocolat », nous sommes revenus écouter le magnifique Gloria RV589 de Vivaldi. C’est sous des applaudissements nourris que les Petits Chanteurs du Mont-Royal ont fait leur entrée.
Cette œuvre du répertoire sacré, composée en 1715 pour le choeur de la Pietà, constitue une réalisation polyphonique autonome de l’hymne Gloria in excelsis Deo, une partie intégrale de l’Ordinaire de la messe catholique. Le fameux Gloria RV589 est l’un des trois Gloria composés par Vivaldi. Les airs enlevants, dynamiques, les couleurs vives et les oppositions de texture séduisent l’oreille et le cœur des auditeurs, tout autant que celui des choristes. On y reconnaît également l’expressivité, l’intimité, le charisme et les développements harmoniques qui caractérisent bien l’époque baroque.
Les voix des Petits Chanteurs du Mont-Royal étaient tout indiquées pour chanter ce Gloria. Les voix claires des tout jeunes répondaient aux voix plus graves des adolescents, dans ces mélodies polyphoniques d’une grande beauté et d’une vive intensité. Ils nous ont offert une pièce en rappel, dirigés par leur directeur musical lui-même, Andrew Gray. La ferveur et la confiance des jeunes chanteurs envers leur chef de choeur étaient particulièrement palpables, lors de cette pièce.
Ce fut un très bel après-midi musical. D’autres concerts sont à venir. Nous espérons qu’ils auront lieu dans cette magnifique salle, tout indiquée, qu’est la salle Pierre-Mercure.