Luce Langis

Chroniqueure culturelle

Boîte noire : Le choc traumatique entre la technologie et l’Humain…


La pièce Boîte noire, écrite par Catherine-Anne Toupin et mise en scène par Justin Laramée, traite de la subordination de l’Homme à la machine et de ses conséquences pour l’humain. Cette pièce, d’une durée d’une heure quarante minutes, et présentée chez Duceppe, nous plonge dans un univers totalement technologique, où la forme et le fond sont intimement liés. Un message y est lancé, sous forme de mise en garde, face aux conséquences du dépassement technologique sur notre humanité.

Le décor est planté : dans la partie supérieure de la scène trône une grosse boîte noire – le nom n’est certainement pas aléatoire : il fait référence aux boîtes noires des avions, qui gardent toutes les données du vol; dans la partie inférieure : les douanes, pour les migrants sans papiers. Ainsi, la Terre est divisée en deux parties : les privilégiés, en haut, qui ont accès à une haute technologie, et les sans-papiers, en bas, qui luttent pour survivre et pour entrer dans ce pays développé, afin de pouvoir, eux aussi, entrer dans cette fameuse boîte noire.

Dans cette dystopie partielle, la boîte a pour fonction d’effacer toutes les expériences traumatiques des humains, pour les uniformiser et les remettre dans « l’ici et maintenant », afin de les empêcher de souffrir des expériences passées, qu’ils traînent comme un fardeau. Beau programme, s’il en est – semblable aux projets de nos technocrates modernes – mais totalement en rupture et dissociation de notre essence humaine. Le couple de créateurs- technocrates de cette boîte noire est formé d’un frère, David (Vincent-Guillaume Otis) et de sa sœur, Éliza (Catherine-Anne Toupin). Les deux représentent chacun un côté de la médaille. La sœur est la technocrate pure, qui défend bec et ongles sa boîte noire, alors que le frère se place du côté humain, et se soucie des effets pervers de cette invention.

Il y a en effet de grands risques à entrer dans cette boîte. A quelques reprises, les participants en sont ressortis très suicidaires ou agressifs. La sœur explique que c’est parce que les paramètres de la boîte étaient mal ajustés…

En bas, c’est un tout autre monde… Dans un camp de concentration tenu par des gardiens armés jusqu’aux dents (style ICE), des migrants dépourvus et affamés tentent d’intégrer le pays. Ils seront malmenés, tabassés et exploités. Étant également parfaitement « brainwashés » par le Système, leur rêve ultime sera d’entrer dans la Boîte noire…

La scénographie (Odile Gamache) est en parfaite symbiose avec le contenu. Ainsi, des éclairs de lumière, des flash de toutes sortes et des sons d’ordinateur traversent de part en part toute la pièce. Nous sommes bien les deux pieds dans un univers technologique; c’est à n’en pas douter…

Cette fable, à peine dystopique, nous montre que, lorsque la technologie dépasse l’Humain, nous sommes alors rendus dans le fossé et dans de grandes difficultés…

Crédit photo: Danny Taillon

Au Théâtre Jean-Duceppe, jusqu’au 21 février 2026.


duceppe.com

https://www.duceppe.com



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