Du 18 mars au 18 avril, le Théâtre du Rideau-Vert présente la pièce « Glenn Gould, naissance d’un prodige », écrite par Ivan Calbérac, dans une mise en scène de Frédéric Bélanger. D’excellents acteurs font partie de la distribution. On y retrouve Maxime de Cotret dans le rôle du célèbre pianiste, Henri Chassé et Danielle Proulx, respectivement dans les rôles du père et de la mère de l’artiste. S’y joignent Étienne Pilon, François-Simon Poirier et Catherine Renaud.
Dans cette pièce dont l’adaptation québécoise est réalisée par Emmanuel Reichenbach, l’accent est mis davantage sur la personnalité du pianiste et ses interactions avec ses proches que sur ses réalisations musicales, largement connues.
On y découvre donc un Glenn Gould très fortement investi par sa mère, qui établit avec lui une relation toxique, exclusive et possessive. Cette dernière, également pianiste – mais n’ayant pas pu aller au bout de ses rêves, eu égard à l’époque « de la femme au foyer » – investit tout dans son fils unique, le chargeant de réaliser pour elle ses rêves avortés. Gould, conditionné dès sa petite enfance par cette relation exigeante et incestueuse, n’arrivera jamais à s’en sortir et à couper le cordon ombilical. Même à 40 ans, tout ce qu’il fait est pour plaire à sa mère… Même à la fin de sa vie, lorsqu’il divague, c’est à un événement vécu avec sa mère qu’il revient.
Dès ses 3 ans, sa mère lui fait faire des dictées musicales. Possédant l’oreille absolue, l’enfant prodige reconnaît sans effort chacune des notes jouées au piano. Lorsqu’il a un score parfait, sa récompense est de pouvoir aller rejoindre sa mère… Un soir sur deux, mère et fils dorment ensemble, et ce, même lorsque Gould est devenu adolescent… Ainsi, cette relation toxique aura pour effet de rendre Gould totalement incapable d’établir des relations saines avec une femme, et le condamnera à la solitude jusqu’à la fin de sa vie.
Le père, lui, est beaucoup plus sain et équilibré. Il souhaite d’abord et avant tout une vie saine et heureuse pour son fils, mais sa femme lui fait constamment obstacle. Le résultat, bien sûr, est consternant.
Seule sa cousine, Jessie (Catherine Renaud), amoureuse de lui, restera à ses côtés jusqu’à la fin.
Afin de rendre compte de la musique de Glenn Gould, on avait installé 2 pianos à queue sur la scène. Au premier niveau, Maxime de Cotret représentait Glenn Gould et mimait l’attitude qu’il avait au piano (toujours très penché sur les notes et assis sur une chaise pliable). Au second niveau de la scène, le pianiste et compositeur Gaël Lane Lépine – Musicien alter ego de Glenn – jouait en direct les pièces présentées (principalement la pièce fétiche de Gould : les variations Goldberg, de Bach.)
En résumé, la pièce « Glenn Gould, naissance d’un prodige » relate les grands traits de la carrière du pianiste et les particularités de sa vie personnelle.
Une belle et intéressante expérience théâtrale d’une heure trente minutes, qui passe très rapidement…


