S’il est des messages directement envoyés de l’Homme à Dieu, c’est bien celui qu’écrivit Mozart, à la veille de sa mort, et qu’il n’a pas pu terminer…
C’est ainsi que je qualifierais cette œuvre magistrale qu’est le Requiem de Mozart, écrite à l’automne 1791, quelques semaines avant le décès du grand compositeur. Lorsque joué par un orchestre de chambre et un chœur aussi talentueux que Les Violons du Roy et la Chapelle de Québec, le résultat devient alors… divin. C’est à ce concert hors du commun qu’ont pu assister les quelque 2000 mélomanes recueillis et attentifs, réunis dans une Maison symphonique remplie à pleine capacité, en ce 28 mars 2026.
Afin de compléter le programme de cette soirée, on avait choisi un Motet (BWV 118 b) de Jean-Sébastien Bach, compositeur emblématique de la période baroque, et précurseur de Mozart.
C’est donc sous la baguette de son chef fondateur et directeur artistique, Bernard Labadie, que s’est déroulé ce concert exceptionnel, rodé au quart de tour et exécuté avec toute l’excellence que permet l’interprétation, par des musiciens aguerris, d’une pièce jouée à de très nombreuses reprises.
Le public, bien avisé de ne pas applaudir avant la fin, s’est délecté de cette pièce intense, rendue en un peu plus d’une heure, et laissant les mélomanes ébahis par tant de beauté et de précision.
Les pièces jouées
Le Motet BWV 118 b, écrit pour chœur et cordes, a été conçu pour la tribune d’une église. Bach y a transposé les émotions humaines. Construit sous une forme d’opposition entre « oppression pour ses péchés » et « réconfort et clarté surnaturelle », le Motet se traduit en « valeurs longues, confiées aux Sopranos » planant au-dessus des contrepoints, pour donner une « image d’une clarté bienfaisante sur la route sinueuse de l’homme. » (Notes de programme).
Quant au Requiem en ré mineur de Mozart, c’est certainement l’une des plus célèbres musiques d’église. Cette pièce doit sa popularité pérenne à sa grandeur et beauté, bien sûr, mais aussi à toutes les fantaisies ou histoires vraies qui ont été écrites à son sujet. On pense immédiatement au fameux film Amadeus, de Milos Forman, où le scénariste invente une histoire où un Salieri très jaloux tente de s’approprier l’œuvre de Mozart. En fait, la réalité rejoint un peu ici la fiction. C’est qu’un certain aristocrate, Franz von Walsegg, avait commandé ce Requiem à Mozart, mais lui avait demandé, en retour d’un gros paiement, de ne pas s’en réclamer l’auteur… Mozart tint cette promesse, et ce n’est donc que 9 ans après sa mort, en 1800, que la paternité de l’œuvre lui fut restituée.
Enfin, Maestro Labadie et Les Violons du Roy ont rendu, en musique, de très sentis remerciements au directeur artistique sortant, M. Laurent Patenaude, pour ses 28 ans au service des Violons du Roy.
Les excellents solistes qui ont magnifié ces œuvres sont Magali Simard-Galdès (Soprano), Alex Hetherington (Mezzo-soprano), Andrew Haji (Ténor) et Kavin Deas (Baryton-basse).
Merci à tous ces musiciens et chanteurs des Violons du Roy et de la Chapelle de Québec pour cet écrin de beauté.
https://www.violonsduroy.com/fr
https://www.violonsduroy.com/fr/la-chapelle-de-quebec


