Lancement de saison 25-26
Et si demain était la somme de nos histoires?
Montréal, le mercredi 20 août 2025 — À voir les grands récits qui alimentent les différentes visions du monde, souvent opposées, on peut affirmer sans se tromper que le storytelling, l’art de raconter, est un pouvoir bien réel.
Que l’on parle de guerres ou d’économies, tout nous est présenté sous forme d’histoires. Certaines sont vraies, d’autres de la pure fiction, d’autres encore perdurent depuis la nuit des temps.
Et s’il y a quelque chose de réjouissant dans la fictionnalisation du monde, c’est bien que les artistes excellent dans le domaine. Iels savent raconter autrement. En fait, iels ont un superpouvoir, soit la capacité de changer les perspectives, d’augmenter le regard, de décupler les expériences et par le fait même, d’avoir une emprise sur la manière dont on se définit.
Ce superpouvoir est à cultiver et à célébrer.
Pour cette saison 25-26, nous avons tenté de défricher des histoires hors du commun. Certaines propositions sont joyeusement nichées, fidèles à notre amour de la complexité ; d’autres sont en apparence simples, mais racontent avec franchise et profondeur notre existence.
Avec la volonté de vous présenter des écritures actuelles, nous poursuivons une réflexion sur la contemporanéité avec de nouvelles propositions mises en relief par des re-créations exceptionnelles et des reprises inattendues. Ces œuvres s’abreuvent de la pensée de créateur·trices internationaux·ales, de la littérature mondiale, de la dramaturgie québécoise ou encore prennent leur assise dans les histoires de la communauté locale. Les voix sont multiples et rassemblées, créant autant de tentatives de prendre part aux grands et aux petits récits.
« Tout en pourchassant l’utopie d’une fusion entre le radical et le populaire, la saison 25-26 cultive le superpouvoir de définir demain. Après tout, c’est la somme des histoires qu’on se raconte aujourd’hui qui constitue notre futur »
– Philippe Cyr, directeur artistique et codirecteur général
Saison 25-26
All the Sex I’ve Ever Had
Salle principale
Oubliez les idées reçues! Six citoyen·nes montréalais·es de plus de 65 ans révèlent leurs souvenirs intimes, sans tabou. Ce spectacle acclamé à travers le monde célèbre la sexualité et le désir à tout âge. Une performance festive qui défie le culte de la jeunesse, libère une parole précieuse et met en lumière la richesse et la diversité des expériences humaines. Ce spectacle est l’un des succès de l’incontournable compagnie torontoise Mammalian Diving Reflex, fondée en 1993 par Darren O’Donnell. Avec ses œuvres engagées qui s’incarnent dans l’espace public, elle met en lumière le talent brut de non-artistes locaux·ales. Cette 37e édition du spectacle, créée en français en collaboration avec le Prospero, dans une mise en scène de Ryan Lewis, met en vedette Carole, Elaine, Gérard, Isabelle, Walid, Yvon, de même qu’Antoine Bédard en maître de cérémonie et DJ. Présentée du 27 août au 6 septembre 2025, elle marque le retour de Mammalian Diving Reflex sur les scènes montréalaises après plus de 15 ans d’absence. Une occasion à saisir de découvrir son travail éminemment transgressif!
Jimmy, créature de rêve
Salle principale
Du 16 au 27 septembre 2025, ce spectacle culte signé Marie Brassard, applaudi dans 17 pays, est repris dans sa version originale tel un artéfact surgissant du passé pour souligner les 25 ans de sa création. 1950 : Jimmy, un jeune coiffeur, naît dans le rêve d’un général américain homophobe. Au moment où il s’apprête à embrasser l’homme qu’il aime dans son salon de barbier, le cœur du rêveur cesse de battre. Jimmy demeure alors suspendu dans ce moment précis de volupté. Cinquante ans plus tard, le temps se remet à bouger et il reprend vie, mais se retrouve prisonnier des songes baroques d’une actrice montréalaise qui s’éprend violemment de lui. Le public aura la chance de voir ou revoir cette œuvre phare du répertoire théâtral québécois, une création d’Infrarouge, en coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques. Un solo théâtral singulier qui demeure, encore aujourd’hui, aussi pertinent et fascinant!
BB fleur
Salle intime
Ce spectacle délirant de Melania Maria Balmaceda Venegas et Marie Reid, inspiré par le brainrot et la culture du meme, explore avec originalité notre besoin viscéral d’entrer en relation avec les autres dans un monde qui bascule vers le numérique. Au carrefour du théâtre, de la danse et de la performance, avec une bonne dose d’absurde, cette épopée singulière explore les pulsions, les désirs enfouis et les malaises inattendus. En résulte un voyage intime et sensoriel sur la quête de soi et la rencontre de l’autre. Un concentré d’humanité… incarné par des fleurs! Une création du Théâtre Fille Unique, présentée du 7 au 25 octobre 2025 dans la Salle intime
L’aventure invisible
Salle principale
Mémoire effacée, greffe faciale, obsession artistique : trois individus contraints de se réinventer échangent sur les événements exceptionnels qui ont bouleversé leur vie. Conçue à partir de témoignages aussi véridiques que spectaculaires, cette œuvre magnifique, présentée à maintes reprises en Europe, est recréée avec des interprètes d’ici : Mo Bolduc, Alexis Grimard et Binéka Danièle Lissouba. Ces trois voix s’unissent, ébranlent nos certitudes et interrogent la permanence de nos identités. Dans ce théâtre de témoignages qui invite à l’empathie et à la compréhension de l’autre, aucune question n’est trop intime pour être posée. Cette création de Wild Minds, en coproduction avec le Prospero, est le dernier volet de la Trilogie des identités du metteur en scène, auteur et réalisateur suédois Marcus Lindeen, en collaboration avec la dramaturge et traductrice Marianne Ségol-Samoy et le compositeur Hans Appelqvist. L’œuvre brise le rapport scène/salle en conviant les spectateur·rices autour des acteur·rices dans un espace circulaire dépouillé. Un incontournable de cet automne théâtral, à voir du 14 octobre au 1er novembre 2025.
Ce spectacle est présenté par la Caisse d’économie solidaire Desjardins.
La jeune fille suppliciée sur une étagère
Salle principale
La jeune Mieko vient de mourir. Allongée dans le salon familial, elle voit, entend et ressent toujours. Vendue à la science, elle est consciente des manipulations imposées à son corps. Après son remarquable spectacle Membrane, nommé aux Prix de la critique dans la catégorie « Meilleure mise en scène », Cédric Delorme-Bouchard revient au Prospero avec cette pièce saisissante qui explore avec audace l’inégalité des classes sociales et l’objectification des corps. Il poursuit ainsi sa démarche d’écritures scéniques atypiques avec ce formidable terrain de jeu où le corps de l’interprète, sublime Larissa Corriveau, subit une série de mutations étonnantes. Il retrouve pour l’occasion Evelyne de la Chenelière, qui signe l’adaptation de cette nouvelle de l’auteur japonais Akira Yoshimura. Ce spectacle de Chambre noire, en coproduction avec le Trillium et le Prospero, est à voir du 18 novembre au 6 décembre 2025.
Le langage clair
Salle principale
Une femme souhaite dormir dehors, dans la forêt, pour la première fois de sa vie. Intrigué par cette envie soudaine, son entourage s’invite peu à peu dans l’organisation de son projet. Cette nouvelle création d’Amélie Dallaire explore avec humour les complexités de la communication et notre besoin d’ordre face au chaos. En résulte un texte qui parle beaucoup plus que de camping, malgré les apparences… Après Limbo, créé aux Écuries en 2021 et repris en 2024 au Prospero, Amélie Dallaire poursuit son exploration de la tension entre le flou et le concret, entre la banalité et l’étrangeté. Entourée de formidables interprètes de diverses générations (Louise Bombardier, Raphaëlle Lalande, Lior Maharjan, Marie Reid, Gabriel-Antoine Roy), elle façonne comme à son habitude une œuvre drôle et déroutante, où le trivial rencontre le fantastique. Cette création d’eXplo, en coproduction avec le Prospero est à l’affiche du 20 janvier au 7 février 2026,
Ce spectacle est présenté par Hydro-Québec.
Extérieur/nuit
Salle principale
Trois êtres en proie à de féroces pulsions se prêtent à des jeux dangereux au cours d’une nuit sans retour. Signé par le collectif queer Théâtre indépendant, en coproduction avec le Festival TransAmériques, Infrarouge et le Prospero, cette pièce chorale aux allures de thriller existentiel, à la fois cruel et angoissant, exacerbe les tensions entre désirs et violence. La puissance du texte, couplée à l’audace du langage scénique, fait vaciller la notion d’identité dans un ballet d’images et de sons. Le spectacle propose une expérience sensorielle déroutante, où lévitation et ventriloquie s’invitent sur le plateau. Extérieur/nuit a d’abord été joué à guichets fermés au FTA 2025, avant d’être repris cette saison, fort de son succès critique et populaire. La pièce signée JJ Houle, dans une mise en scène de Charles Voyer, met en vedette Gwendoline Côté, Charles Voyer et Aline Winant. À découvrir du 17 au 28 mars 2025.
ne vous faites pas de souci
Salle intime
En 2022, bouleversé par le suicide de son père et ne trouvant pas les mots pour décrire sa peine, le metteur en scène Manolis Antoniou tombe sur Des histoires vraies de Sophie Calle, un recueil de courtes anecdotes déconcertantes. Dans une langue précise et sobre, l’artiste y raconte, photos à l’appui, souvenirs d’enfance, réminiscences de strip-teaseuse, chirurgie esthétique, deuils d’un chat et de parents, mariages insolites et adultères dévoilés. Dans ces récits d’exploration de soi, l’humour macabre, la franchise et l’ironie se mêlent à la délicatesse, aux non-dits et au besoin vital d’être aimé·e. Lui vient alors l’idée d’une adaptation théâtrale de ces fragments de vie où vérité et fiction s’entrelacent habilement. Car Sophie Calle excelle dans le « mentir-vrai » et arrive à nous faire sentir moins seul·e face aux surprises de l’existence. Une création de Boulouki Théâtre mettant en vedette Danielle Le Saux-Farmer et Ève Pressault, à voir du 7 au 25 avril 2026.
Laarm de Plœrs
Salle principale
Surnommée « la reine du scandale », l’artiste de théâtre d’origine néerlandaise Laarm de Plœrs est excessivement polarisante. Partout sur le globe, son œuvre déchaîne les passions; certains pays interdisent même sa diffusion. Mais que se passe-t-il quand l’art franchit les limites? Par le truchement d’une artiste fictive, le spectacle pose la question du radicalisme édulcoré, voire de l’absence de véritable radicalisme sur nos scènes, de l’hégémonie culturelle et de la soi-disant pureté des pratiques, qu’elles soient artistiques, politiques ou idéologiques. Pour son retour au Prospero, Christian Lapointe déploie, avec ses complices Amélie Dallaire et Sylvio Arriola, autour de la vie et de l’œuvre de l’artiste fictive Laarm de Plœrs et s’amuse avec la métathéâtralité. Sorte de jeu à monter, cette création de Carte blanche, en collaboration avec Recto-Verso, donne à voir la découverte d’un monde, sa fabrication en direct, sa destruction et les ruines de sa propre création. À découvrir du 28 avril au 16 mai 2026.
Festival des Faubourgs
Le Théâtre Prospero est fier de prendre part au Festival des Faubourgs, dont la deuxième édition aura lieu du 22 au 24 août 2025!
Pour l’occasion, les diffuseurs du Quartier culturel des Faubourgs — le Prospero, Espace libre, l’Usine C, la Maison de la culture Janine-Sutto, le Cabaret Lion d’Or et l’Écomusée du fier monde — proposent des spectacles gratuits dans le quartier Centre-Sud.
« Sous le soleil ou sous la pluie, à l’intérieur comme à l’extérieur, nous vous invitons à redécouvrir sous un angle nouveau ce quartier en pleine ébullition, et à le célébrer dans une ambiance conviviale et festive. »
– Les directions artistiques
De nombreux artistes performeront au cours de cette fin de semaine des plus animées. La programmation complète se trouve sur le site web de Festival des Faubourgs : festivaldesfaubourgs.ca.
Moins de catégories,
moins de contRaintes,
plus de théâtre
Toujours soucieux de rendre le théâtre plus accessible, le Prospero maintient sa tarification flexible et simplifiée, basée sur la confiance. Cette grille tarifaire inusitée s’est avérée un véritable succès depuis son instauration il y a deux ans.
Peu importe son âge, chaque spectateur·trice est libre de choisir le tarif le mieux adapté à sa situation, et ce, tant pour les billets à la carte que pour les billets en abonnement. Ces prix s’appliquent aux spectacles des deux salles du Prospero. Aucune justification ne sera demandée.
Le coût du billet et le revenu ne doivent pas être des obstacles aux arts vivants.
44 $ – Régulier
54 $ – Solidaire
36 $ – Réduit
26 $ – Accessible
De plus, les rabais des formules d’abonnement s’appliquent sur tous ces tarifs!
ABONNEMENT
Les passionné·es de théâtre peuvent dès maintenant se procurer forfaits et billets en ligne au theatreprospero.com, par téléphone au 514 526-6582, ou en personne au 1371, rue Ontario Est (angle Panet). Le guichet est ouvert du lundi au vendredi, de 13 h à 17 h.
Le Théâtre Prospero propose des forfaits avantageux disponibles à l’achat de trois spectacles ou plus. Les rabais des formules d’abonnement s’appliquent sur tous les tarifs. Ils varient de 20 % à 35 % sur le prix total, selon le nombre de pièces choisies. Une occasion de voir plus de théâtre, tout en économisant!
Les groupes de 15 personnes et plus bénéficient également d’un tarif privilégié.
Activités satellites
Le Théâtre Prospero poursuit ses activités satellites afin que le travail artistique subsiste au-delà de la finalité de production. Dans l’optique de céder de la place à la source du travail, à la fabrication et à l’artisanat, la compagnie propose plusieurs initiatives pour générer des conversations internationales et pour renforcer le développement artistique. Aussi, de nombreuses rencontres publiques seront proposées au cours de l’année à venir, des conversations autour d’idées et de concepts à fouiller et à approfondir. Ces opportunités uniques permettront de transformer une idée en matière pour élargir la pensée et nourrir nos mutations.
En 2022, le Prospero a rejoint le REM – Résidences en mouvement, un programme international d’échange de résidences avec la Balsamine (Bruxelles, Belgique), Le Grütli (Genève, Suisse), le joli collectif (Rennes, France), le Reykjavik Dance Festival (Islande), le Santarcangelo Festival (Santarcangelo di Romagna, Italie) et le Théâtre Périscope (Québec, Canada). Son implication se poursuit cette année, notamment en permettant à un·e artiste québécois·e de bénéficier d’une résidence à l’étranger et à des artistes internationaux d’être accueilli·es au Prospero au cours de la saison.
Aussi, au niveau local, le Prospero accueillera des artistes en résidence durant la saison pour qu’ils et elles puissent débuter ou poursuivre une recherche en cours autour d’un projet qui leur est cher. Les artistes en résidence cette saison sont Hoda Adra, Dada, Sébastien David, Faiza Maskhouni et Micha Raoutenfeld.
Enfin, L’École de la transgression est de retour pour une quatrième année, nourrie par l’idée de la transmission et de l’essai. Pour l’occasion, deux laboratoires intensifs d’une semaine, imaginés conjointement avec des artistes invité·es, se tiendront au cours des prochains mois pour un groupe de 10 à 15 participant·es. Au cours de ces ateliers, les créateur·trices de toutes provenances mettront en jeu leur pratique dans la rencontre avec d’autres artistes.
Prix et distinctions
Au cours de la dernière année, le Prospero s’est fait remarquer, tant au niveau du public que de la critique.
Soulignons tout d’abord que la fréquentation au cours de la saison passée était encore une fois à la hausse, établissant de nouveaux records. Visiblement, les amateur·rices de théâtre sont avides de propositions audacieuses!
Aussi, à l’automne 2024, plusieurs des créations proposées par le Théâtre Prospero (Cette colline n’est jamais vraiment silencieuse, Homicide, La Mouette et Membrane) ont obtenu pas moins de six nominations aux Prix de la critique en théâtre, dont les trois de la catégorie « Meilleur spectacle », remis à Cette colline n’est jamais vraiment silencieuse!
Enfin, en avril dernier, le Prospero était en nomination au 39e Grand Prix du CAM! Son pari d’offrir des propositions artistiques radicales jumelées à une billetterie accessible a porté fruit. Le jury écrivait d’ailleurs : « Une étoile illumine la rue Ontario! Un nouveau duo de directeurs percutant investigue, innove, prend des risques artistiques et politiques. Il brasse délicieusement la cage, galvanise le milieu théâtral et ses publics. De nouvelles lignes de force entrent en scène : le Théâtre Prospero irradie. »
Motivé·es par ces reconnaissances, nous poursuivons cette saison avec la même ardeur le travail amorcé au cours des dernières années.
MANDAT DU PROSPERO
La création est l’axe fondamental et fondateur du Prospero, qui développe une trajectoire forte de l’écriture scénique. Dans un dialogue étroit avec des praticien·nes et des penseur·es de territoires culturels diversifiés, elle embrasse les enjeux actuels du théâtre et ceux, fondamentaux, de notre monde; elle remet en question les conventions.
Les écritures contemporaines constituent des occasions fortes pour rafraîchir son rapport à la parole et au récit en s’ouvrant aux formes nouvelles qu’elles inspirent. Le Prospero s’engage auprès d’artistes québécois·es, canadien·nes et de l’étranger, afin qu’ils et elles puissent produire, diffuser et développer un point de vue singulier sur leur démarche et leur pratique.
Lieu ouvert à l’altérité, ses activités ne se déploient pas uniquement du côté de la production ou de la diffusion. Le Prospero favorise le développement des artistes et aiguise le regard du public à travers un programme d’activités conçu pour nourrir le dialogue de manière transversale.
REMERCIEMENTS
Le Théâtre Prospero remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien, le Conseil des arts de Montréal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, la Caisse d’économie solidaire Desjardins et Hydro-Québec pour leur inestimable soutien financier. Il remercie également Le Devoir, son partenaire média.

