Pour terminer son année 2025-2026, l’OSM a régalé ses mélomanes avec un grand concert d’environ 2 :30 h., incluant un entracte, en présentant le Concerto pour piano en la mineur op.54, de Robert Schumann, et en deuxième partie, le Ring sans paroles, de Richard Wagner.
C’est le pianiste internationalement reconnu, Yefim Bronfman, qui a interprété avec brio cet imposant concerto pour piano et orchestre, de Schumann, composé en 1841 et terminé en 1845. Schumann voulait révolutionner l’écriture et l’exécution des concertos, car il trouvait que ceux-ci étaient davantage axés sur le piano, et pas suffisamment sur l’orchestre, qui devenait alors un simple spectateur du pianiste. Aussi, avec ce concerto très « concertant » et très intégré à l’orchestre, il rétablit l’équilibre entre la partie soliste pianistique et l’orchestre.

Dirigé par un Rafaël Payare visiblement en excellente forme, l’Orchestre a donné le meilleur de lui-même dans l’exécution de cette œuvre très exigeante. Schumann qualifiait son concerto ainsi : « Un juste milieu entre symphonie, concerto et grande sonate ». Cette œuvre de Schumann a inspiré Wagner, lors de la création de son opéra Le Vaisseau fantôme. Les deux compositeurs sont d’ailleurs contemporains. L’œuvre, d’une trentaine de minutes, comprend 3 mouvements, soient l’Allegro affettuoso, l’Intermezzo et l’Allegro vivace.
La salle a tellement ovationné le pianiste Bronfman, qu’il nous a fait le cadeau d’un rappel solo, très virtuose.

En seconde partie, Richard Wagner nous a fait voyager avec Ring sans paroles, une œuvre de 70 minutes, inspirée de la légende des Nibelungen, composée en 1848. Cette œuvre relate en musique une épopée médiévale allemande, « relatant les exploits de Siegfried, détenteur du trésor de la communauté des Nibelungen, qui tire ses grandes richesses de mines situées sous les montagnes qu’elle habite. » À l’aide des surtitres qui apparaissaient en haut de la scène, les auditeurs pouvaient suivre les multiples péripéties du vol du trésor, par le nain Alberich, qui en a fait forger un anneau doté d’une grande puissance, mais frappé d’une malédiction. Une multiple galerie de personnages s’active sous nos yeux – via nos oreilles, bien sûr – jusqu’à la restitution de cet anneau magique.
Wagner trouvait que cette légende avait un grand potentiel pour la création d’un opéra national allemand.
Chose certaine, cette légende, où s’affrontent des bandes rivales, pour la possession de l’anneau, a donné naissance à une œuvre musicale extrêmement puissante et vigoureuse, où tous les instruments sonnent à pleine capacité et où le chef d’orchestre se démène à un point tel qu’il pourrait défier toutes les séances d’aérobie les plus exigeantes! Je n’ai jamais vu un maestro se plier, se déplier et se contorsionner de la sorte pour réussir à rendre toute la force, la puissance et la diversité d’une telle œuvre! Ce fut, pour Maestro Payare – et aussi pour les musiciens – un défi autant physique que musical!
Wagner, c’est la puissance et l’éclat à l’état brut!
Merci à tous les musiciens et à M. Payare pour cet exploit extraordinaire!
Crédit photos : Gabriel Fournier


