Dans le cadre du mois des Noirs, l’Orchestre classique de Montréal recevait, le 5 février dernier, l’excellente et très renommée soprano, Marie-Josée Lord. L’Orchestre était dirigé par Kalena Bovell, une étoile montante panaméenne-américaine, qui s’est illustrée en devenant, en 2023, la première femme noire à diriger un orchestre au Canada. Pour faire honneur à ce mois des Noirs, on a choisi des compositeurs noirs, une interprète et une cheffe d’orchestre noires, afin de célébrer cette culture.
Bien qu’elle ne pouvait s’exprimer qu’en anglais – la Chef étant américaine – les auditeurs ont bien apprécié les indications musicales qu’elle nous a dispensées, nous expliquant avec verve et passion les différents contextes dans lesquels les œuvres étaient présentées.
La salle Pierre-Mercure était remplie à pleine capacité pour accueillir ce concert d’exception. Ce dernier, d’une durée d’environ 90 minutes, présentait en première partie les œuvres de Joseph Bologne, de William Grant Still et de Florence Price. En deuxième partie, l’orchestre accueillait la très renommée soprano canadienne, Marie-Josée Lord, interprétant un texte de T. Morrison, sur une musique de A. Previn, avec les arrangements d’Hugo Bégin.
La première partie
En tout début de concert, on nous a présenté la Symphonie concertante en do majeur, op 9 no.1. Le compositeur, Joseph Bologne, était l’un des musiciens les plus renommés de Paris, à la fin du XVIII ème siècle. Cette symphonie, alliant ampleur symphonique et éclat, présente une belle énergie rythmique dans le premier mouvement, alors que le deuxième est plus lent, et la finale, très virtuose.
La deuxième pièce, intitulée Mother and child a été écrite par l’Américain William Grant Still, surnommé le « Doyen des compositeurs afro-américains ». Il fut une figure pionnière de la musique américaine du XXeme siècle. Sa pièce, Mother and child, évoque le lien universel entre une mère et son enfant, ainsi que le renversement des rôles, lorsque la mère devient âgée… Toute en délicatesse et subtilité, cette pièce intimiste est construite avec des lignes harmoniques subtiles, mettant en valeur l’émotion et la simplicité.
La troisième pièce, Symphonie pour cordes en sol majeur, alterne, dans ses différents mouvements, entre clarté classique et chaleur expressive. La compositrice, Florence Price, fut la première femme afro-américaine à voir sa symphonie interprétée par un grand orchestre américain. Solidement construite, la pièce se déploie en mouvements d’une grande vitalité rythmique, alternant avec des plages de douceur et de réflexion.
Enfin, le dessert nous arriva en deuxième partie…
Deuxième partie
C’est une Marie-Josée Lord flamboyante qui se présenta devant nous. Arborant une coiffure typiquement africaine, dans une longue robe aux manches diaphanes et évasées, elle a commencé à chanter, nous envoûtant sur-le-champ. Sa voix de soprano, montant dans les aigus les plus difficiles et subtils, nous amenait dans un autre territoire : celui de la beauté, du raffinement et du rêve. Fière, noble et souveraine, elle a su nous faire voyager avec elle dans un univers poétique aux accents de jazz. La pièce choisie, Honey and Rue, de André Prévin, explore la mémoire, l’amour et l’identité, tout en douceur et en finesse…
Il est à noter, cependant, que l’Orchestre jouait un peu trop fort, par moments, enterrant presque la soliste.
Crédit photo : Tam Photography.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Jos%C3%A9e_Lord


