Luce Langis

Chroniqueure culturelle

Les Quatre Saisons, de Vivaldi à Dompierre : Trois visions différentes, trois enchantements!


Le 6 novembre dernier, l’Orchestre FILMharmonique, dirigé par son maestro- fondateur Francis Choinière, a donné un magnifique concert qui s’intitulait « Les Quatre Saisons, de Vivaldi à Dompierre. »

Quelle belle proposition, que de présenter ainsi la vision musicale des quatre saisons, vues par trois grands compositeurs de siècles différents, soient Antonio Vivaldi (XVII-XVIIIème siècle), Astor Piazzolla (XXème siècle) et enfin François Dompierre, notre contemporain (XXIème siècle). Pour cette magnifique et intrigante proposition, la salle de la Maison symphonique était remplie à pleine capacité… troisième balcon inclus!

Le concert s’est ouvert avec les 4 concertos de Vivaldi, composés en 1724. Cet hymne grandiose dédié aux quatre saisons est l’un des premiers concertos pour violon solo et orchestre de chambre. C’est une œuvre à caractère narratif, reliant les sonnets écrits par le célèbre Vénitien. Ce monument musical entraînant, plein de vigueur, de joie de vivre, de ferveur et de légèreté a ravi les auditeurs depuis trois siècles, et sera sans doute joué jusqu’à la fin des temps…

C’est la virtuose et flamboyante violoniste Isabella d’Éloïze Perron qui a relevé haut la main le défi du violon soliste, tout au long de cette soirée transcendante. Maîtrisant son art à la perfection, elle danse avec son violon, nous faisant partager le plaisir et l’enthousiasme qui l’animent.

La deuxième pièce présentée, « Les Quatre Saisons de Buenos Aires », de Astor Piazzolla (1921-1992) nous amène déjà ailleurs, dans un style beaucoup plus moderne. Alors que Vivaldi nous présentait une musique toute en rondeurs, avec des thèmes récurrents, qui rassuraient l’âme jusqu’à en devenir presque des vers d’oreille, Piazolla n’hésite pas à rompre les phrases rythmiques, par des saccades d’archet, qui ne nous permettent pas d’assimiler des phrases musicales complètes. On joue ici à surprendre l’auditeur, à le sortir de sa « zone de confort » pour l’amener ailleurs, pour ouvrir son univers musical. Coups d’archet saccadés, silences subits, petites frappes sur l’instrument avec le dos de l’archet… tous ces nouveaux procédés signent les nouvelles avenues de la musique moderne.

Enfin, « Les Quatre Saisons du Québec » de François Dompierre nous ramène dans un territoire commun, celui de nos racines québécoises, fortement imprégnées dans notre imaginaire collectif.

Tout comme Vivaldi avant lui, Dompierre a agrémenté chacun de ses quatre concertos de textes poétiques en prose. De jolies aquarelles complètent aussi le tableau. Dans cette œuvre d’une durée totale de vingt minutes, le compositeur québécois nous livre en musique ses sentiments et réminiscences de son vécu québécois des 4 saisons, imprégnées en lui depuis quelque quatre-vingts ans.

On a parfois envie de danser sur les airs de rigodon et de reels. On regarde par la fenêtre les magnifiques couleurs chatoyantes que revêtent les arbres en automne, et on fait une petite quadrille, l’hiver, en attendant avec impatience le printemps…

Et, au détour d’une phrase musicale, on salue Vivaldi et Piazzolla…

Oui, on se retrouve pleinement dans cette musique qui nous ressemble et nous rassemble …

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Dompierre



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