J’étais fort surprise de voir à quel point l’Ensemble Caprice s’était agrandi, depuis la dernière fois que je l’avais entendu, à la Maison symphonique.
Fondé en 1989 par le flûtiste, compositeur et chef d’orchestre Matthias Maute, les succès et l’excellence de l’Ensemble Caprice lui ont permis de gagner en popularité et de recruter ainsi de nouveaux musiciens chaque année.
Le 6 mars dernier, c’est un chef et un Ensemble au faîte de leur apogée que nous avons entendus interpréter la célébrissime cinquième symphonie de Beethoven ainsi que la Grande messe en do mineur de Mozart. Le résultat était spectaculaire!
La grande fougue de Beethoven a été rendue dans tout son éclat et sa grandeur par les quelque 45 musiciens de l’Ensemble et la trentaine de choristes professionnels de l’Art Choral.
Le concert, dirigé par Matthias Maute, a débuté par un agréable « apéro musical » avec l’Ave Verum Corpus, de Mozart. La pièce de résistance a suivi de très près, avec la célèbre rythmique de la Cinquième symphonie de Beethoven, reconnue universellement.
Cette symphonie grandiose, triomphale, puissante, évoque le sens de l’honneur, de la grandeur et s’apparente à un hymne à la liberté et à la conquête. Créée en 1808, à l’époque des guerres napoléoniennes (Vienne est occupée (1805) et de l’avènement de la IIIème République française, cette symphonie magistrale, aussi appelée « Symphonie du Destin », semble vouloir marquer d’une énorme pierre blanche cette époque de Révolution. Il est à noter que l’un des violons de l’Ensemble avait appartenu, apparemment, à Robespierre lui-même!
Tous les instruments de l’Ensemble Caprice jouent à leur pleine capacité. Les archets courent sur les instruments à cordes; les trompettes, trombones et cors crient leur victoire en annonçant le nouveau jour, et les timbales viennent glorifier le tout. Toute la Maison symphonique résonne de ce Chant de la Victoire! Les mélomanes, subjugués, frissonnent d’émotion sous l’ampleur de tous ces sons bien orchestrés et magnifiés.
En deuxième partie, la musique se fait plus douce et tranquille, voire berçante, avec la Grande Messe en do mineur de Mozart. Les cinq mouvements de cette œuvre grandiose font alterner le Chœur avec le chant des solistes Soprano invitées, soit Myriam Leblanc et Janelle Lucyk. Ces voix claires comme le cristal semblent irriguer, par leur pureté, une source en montagne… Les solistes Emmanuel Hassler (ténor) et William Kraushaar (basse) viennent y joindre leurs voix dans le dernier mouvement, le Benedictus.
Ces deux heures de pure beauté musicale constituent un véritable baume pour l’âme, en ces jours troublés par de multiples conflits mondiaux…
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