Au lendemain d’avoir assisté au merveilleux concert d’ArtChoral, Beatles a cappella, je n’ai que cette phrase de Brel en tête, cette analogie qui s’impose à mon esprit : « Quand on n’a que l’Amour, à donner en partage… nous aurons dans nos mains, ami, le monde entier! »
C’est ainsi qu’avec leurs seules voix, accompagnées uniquement par deux instruments, le piano (Antoine Joubert) et les percussions (Philip Hornsey), les 20 choristes d’ArtChoral ont su faire vibrer les cordes de nos cœurs et chanter nos âmes…
Redécouvrir la voix, comme instrument premier, sobre, unique, tendre, doux et puissant tout à la fois, ouvre le ciel sur d’infinies possibilités …

Le concert
Précédés de la mélodie entendue en sourdine, les choristes et le chef de chœur, Matthias Maute, entrent en scène, tous vêtus de rouge et de noir, en chantant Yellow Submarine.
S’ensuivent plusieurs pièces, dont Can’t buy me love, And I love her, Penny Lane, You’ve got to hide your love away, pour ne nommer que celles-là.
Entre deux bouquets de chansons, Matthias Maute nous raconte quelques anecdotes savoureuses, relativement aux Beatles. C’est ainsi qu’il souligne que la chanson Give Peace a chance a été composée ici- même à Montréal, au Reine-Élizabeth, lors de leur « bed-in », en 1969.
Les chansons s’enchaînent, Away, I feel fine, In my life, When I’m Sixty-Four, etc. entrecoupées d’anecdotes de ces « quatre gars de Liverpool qui ont changé le monde avec un peu d’aide de leurs amis »…
On peut aussi savourer le grand talent musical du pianiste, Antoine Joubert, lorsqu’il interprète, en solo, deux pièces : I saw her standing there, en première partie, et Blackbird, en seconde partie. Cette dernière pièce, inspirée de Bach, en a toutes les caractéristiques. Le doigté musical, la juste pression sur les notes – souvent en contrepoints – exprimant ainsi l’intensité du sentiment, l’alternance entre une douce pression tenue et un son s’estompant, léger, gracile et aérien… Tout cela est le message de Bach, qui nous va droit au cœur…
La première partie s’est close avec le fameux Let it be, chanté conjointement avec le Grand Chœur, présent dans la salle. Frissons garantis.
La deuxième partie s’est ouverte avec All you need is love, interprété également par le Grand Chœur et ArtChoral. Puis il y a eu Michelle, Yesterday et tant d’autres…

La finale
Le festin final, Hey Jude, a réuni dans une seule et même voix, toutes celles de la Maison symphonique, scandant ensemble le rythme, appuyé par les percussions, et chantant à l’infini le refrain, tel un mantra signifiant : « Ne nous quittons pas, le moment est trop beau »…
Cet après-midi-là, nous avons eu, dans nos mains, le monde entier!
Crédit photos : TamPhotography


