Luce Langis

Chroniqueure culturelle

Alexandre Da Costa et la Symphonie no. 9 de Beethoven: Un concert fabuleux!


Par Luce Langis  | 4 décembre 2018 | Contenu original

Ce dimanche après-midi, Mundia Productions présentait un magnifique concert à la Maison symphonique. C’était un véritable « deux pour un »! En première partie, le violoniste soliste et virtuose Alexandre Da Costa, accompagné de l’Orchestre philharmonique du Nouveau Monde (OPNM), interprétait le Concerto pour violon n° 5 de Mozart ; puis, en deuxième partie, ce même orchestre accompagné du Chœur éponyme et de quatre solistes nous offrait la magistrale et unique Symphonie n° 9 de Beethoven, communément appelée « L’ode à la joie ». Le maestro Michel Brousseau dirigeait d’une main de maître l’orchestre et le chœur composé d’une centaine de choristes. Tout un programme, qui a laissé les spectateurs bouche bée et le cœur rempli de cette joie si chère à Beethoven!

La réputation d’Alexandre Da Costa n’est plus à faire. Déjà jeune prodige du violon et du piano à l’âge de 9 ans, il obtenait à 18 ans une maîtrise en violon, un premier prix du Conservatoire de musique et un Baccalauréat en interprétation piano à l’Université de Montréal! Les multiples prix remportés tout au long de sa carrière attestent son talent incomparable. On comprend tout cela lorsqu’on le voit presque danser sur scène avec son violon, tellement il maîtrise bien l’instrument. C’était un véritable ravissement que de le voir communiquer avec les membres de l’Orchestre, répondre par son violon aux tirades musicales, se pencher vers eux, se relever et virevolter avec son violon, comme si ce dernier faisait partie de lui! Le Rondeau était particulièrement animé et constituait, tant au niveau sonore que visuel, une véritable fête pour les sens. Il a rendu un parfait Concerto, brillamment joué et avec une aisance extraordinaire. Les spectateurs se sont levés d’un trait pour l’applaudir, époustouflés par sa performance! Le son pur de son Stradivarius résonnait encore à nos oreilles lorsque nous sommes sortis, le sourire aux lèvres, à l’entracte.

La deuxième partie du concert allait être aussi magnifique et grandiose. Comme on le sait, la Symphonie n° 9 de Beethoven constitue un chef d’œuvre du répertoire occidental et l’une des plus grandes symphonies et musiques de tous les temps. Constituée de quatre mouvements – dont le dernier est « L’ode à la joie » – pour grand orchestre, solos et chœur mixte, cette symphonie célèbre la joie et l’amitié, deux thèmes très chers à Beethoven. Jouée pour la première fois à Vienne en 1824, elle a reçu un accueil triomphal dès sa première représentation. Elle constitue la revanche du destin de Beethoven, qui a dû affronter la surdité à l’âge de 27 ans. Alors que ce destin lui prescrivait la misère et l’isolement, il a plutôt choisi le triomphe de l’héroïsme et de la joie.

Les trois premiers mouvements sont très dynamiques, rythmés, grandioses et pathétiques, à la manière habituelle de Beethoven. C’est l’énergie et la force vitale incarnées. C’est une affirmation solide et majestueuse de la victoire de la volonté et de l’optimisme sur les épreuves. Que d’énergie dans ces trois premiers mouvements!

Le quatrième mouvement nous prend par la douceur. La ligne musicale de « L’ode à la joie » est introduite doucement, tel un filament sonore par les violoncelles et les contrebasses. Puis elle est reprise par quelques violons, pour ensuite se propager à l’ensemble des violons et instruments à cordes de l’orchestre. C’est dès lors un grand vent d’été qui nous porte vers une apothéose… Puis, c’est au tour de l’orchestre au complet et du chœur de se joindre à cette grande fête. Les quatre solistes Ania Hejnar (soprano), Stéphanie Pothier (mezzo-soprano), Éric Thériault (ténor) et Krzysztof Biernacki (baryton) entrent en jeu, seuls ou accompagnés du Chœur philharmonique pour nous chanter le message de Friedrich von Schiller, compositeur des paroles de « L’ode à la joie » :

« Joie, belle étincelle divine,

Fille de l’assemblée des dieux,

Nous pénétrons ivres de feu,

Céleste, ton royaume… »

Il fallait voir maestro Brousseau diriger cette neuvième symphonie, sans feuilles de musique et sans baguette! Sa grande sensibilité, son aisance et son habileté à sentir toutes les vibrations de la musique en ont fait un chef d’œuvre d’interprétation. Chapeau bas!

Le tout s’est terminé dans un véritable feu d’artifice, alors que l’orchestre, les solistes et le chœur jouaient et chantaient la joie à pleins poumons. Les spectateurs, ébahis et ravis, se sont levés à l’unisson pour leur offrir une longue ovation debout. Et c’est en chantonnant « L’ode à la joie » que nous sommes sortis de la Maison symphonique, ravis et comblés.

En passant, le Chœur philharmonique du Nouveau Monde recrute présentement. Divers concerts sont prévus en Europe pour l’été prochain. Pour voir la programmation des prochains concerts de la Société philharmonique du Nouveau Monde, cliquez ici.

Artistes / personnalités :Alexandre Da Costa Beethoven Michel Brousseau Mundia Productions Choeur philharmonique du Nouveau Monde Orchestre philharmonique du Nouveau Monde

Tags :Musique classique Maison Symphonique de Montréal



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