Le 22 octobre dernier, dans une Maison symphonique remplie jusqu’au troisième balcon, l’OSM, dirigé par Maestro Payare, a joué avec fougue, précision et envol trois pièces phare du répertoire moderne.
Pour ce concert de feu, les mélomanes ont eu la chance d’entendre le très grand violoniste soliste grec, Leonidas Kavakos. Ce dernier, reconnu dans le monde entier, exprime ses sentiments, au violon, avec une très grande sensibilité. Il peut aussi passer directement de largo à des tempo rapides, à des chromatiques autant qu’à des staccatos, montrant ainsi une très grande versatilité et virtuosité. Il sait aussi y mettre sa touche personnelle, signe d’une grande maîtrise de l’instrument et d’une signature propre.
Le concert a débuté par « Elysium », une œuvre de Samy Moussa, compositeur et chef d’orchestre originaire de Montréal. Cette œuvre orchestrale, composée en 1984, est d’inspiration mythologique. D’une douzaine de minutes, elle fait appel au sacré et à la valorisation de l’éthique dans une vie. On y retrouve de longs accords soutenus, une montée soutenue par l’ensemble des cuivres, qui mène à un sommet expressif. Des moments de passage céleste et aérien suivent un épisode animé. Le tout se termine par une atmosphère sereine et méditative.
La deuxième œuvre présentée, le Concerto pour violon op. 35, TH59, de Tchaïkovski, a été composée en 1878. C’est le seul concerto pour violon que Tchaïkovski ait écrit. (Il en a écrit trois pour le piano). Ce concerto, d’une durée de 35 minutes, est d’une très grande difficulté technique. Cependant, Leonidas Kavakos l’a joué avec une grande maîtrise et une expressivité exemplaires. Le son pur qui émanait de son violon était un vrai régal. Ses longues prestations solos, accompagnées ou non par l’orchestre en arrière-plan, nous ont permis d’entendre toute la richesse et la versatilité de son interprétation. Il manie le violon avec l’art d’un orfèvre.
Pour récompenser l’auditoire de sa longue ovation debout, il a offert en prime au public un Rondeau de Bach, qu’il a ornementée à sa manière.
Enfin, après l’entracte, le sublime « Oiseau de feu », pièce flamboyante composée pour ballet, en 1910, par Stravinsky, a ravi les auditeurs.

Fougueux, libre et explosif, il a été joué avec justesse, fougue et éclat par l’OSM et son chef Rafaël Payare, totalement dédié à la musique. L’orchestration de cette œuvre, composée à l’origine pour les Ballets russes, puise en partie sa couleur et ses rythmes dans le folklore russe. Sa vitalité rythmique annonce le « Sacre du printemps », autre œuvre majeure de Stravinsky.
Ce fut une soirée pleine de feu, de puissance, d’éclats de sons et de vitalité. Pour reprendre les mots de Jean Vallerand : « Une œuvre de Stravinski, c’est un éclat de joie sonore. »
Crédit photos : Gabriel Fournier
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