Luce Langis

Chroniqueure culturelle

SUZANNE VA SORTIR :: Au Théâtre La Licorne, du 17 novembre au 12 décembre 2026


SUZANNE VA SORTIR
DU 17 NOVEMBRE AU 12 DÉCEMBRE 2026
AU THÉÂTRE LA LICORNE

Texte : Maxime Beauregard-Martin
D’après l’article « Les mots qui libèrent » de Noémi Mercier
Mise en scène : François Bernier
Interprétation : Maxime Beauregard-Martin, Émilie Gilbert, Nadia Girard-Eddahia,
Élodie Grenier, Diane Lavallée, Carla Mezquita Honhon, Anne-Marie Olivier
Une coproduction du Théâtre DuBunker et du Théâtre La Bordée
en codiffusion avec La Manufacture


« Les femmes en détention, on les connaît. C’est nos mères, nos sœurs, nos tantes, nos amies. » — Véronique

De retour au Théâtre La Licorne, où il a créé Les vacances et 5 balles dans la tête, le Théâtre DuBunker présentera, en coproduction avec le Théâtre La Bordée et en codiffusion avec La Manufacture, Suzanne va sortir du 17 novembre au 12 décembre 2026, à l’issue de sa résidence de création.

Cinq femmes incarcérées se retrouvent religieusement dans la bibliothèque de leur pénitencier pour participer à un club de lecture. Suzanne, incarnée par Diane Lavallée, en est la présidente et partage sa passion des livres avec Émilie, France, Johanne et Louna, interprétées par Émilie Gilbert, Nadia Girard-Eddahia, Anne-Marie Olivier et Carla Mezquita Honhon. Élodie Grenier incarne Véronique, l’animatrice bénévole de l’activité. Maxime Beauregard-Martin complète la distribution en plus de signer le texte. François Bernier assure la mise en scène.

« Les livres, c’est comme les personnes : un moment donné, tu penses que t’hais tout le monde. Pis d’un coup, tu rencontres quelqu’un, pis… Ça te rallume en dedans. » — Suzanne

Elles ont entre 20 et 60 ans et purgent des peines de 4 à 16 ans, certaines depuis peu, d’autres depuis plusieurs années.  Au fil des rencontres, elles cessent d’être des numéros de détention pour devenir des femmes avec leurs histoires, leurs contradictions et leurs personnalités. Elles viennent parler de livres et, rapidement, les discussions débordent des pages lues. Ce qu’elles aiment, ce qui les choque, ce qu’elles comprennent ou rejettent révèle peu à peu qui elles sont. Bavardes ou réservées, rieuses, boudeuses, solidaires ou endurcies, elles profitent de cet espace pour se confronter, se livrer, créer des liens et se découvrir autrement. Jusqu’à ce qu’un roman bouleversant mette le club en péril.

Drôle et touchante, Suzanne va sortir s’intéresse à l’enfermement, mais aussi à ce qui permet de « s’en sortir » : la littérature, le miroir, la parole libérée et le partage. Le club de lecture devient un espace de transformation, un lieu pour se préparer à la sortie de prison et tenter de briser le cercle qui peut y ramener certaines femmes, alors que l’isolement et la précarité compliquent souvent la réinsertion. Une question traverse d’ailleurs la pièce : comment se réinventer quand tout semble déjà écrit ?

« Ça veut dire que c’est correct que je torche la ville, mais pas que j’habite dedans. » — Émilie


DU RÉEL À LA FICTION

Suzanne va sortir est une œuvre de théâtre documenté qui prend sa source dans « Les mots qui libèrent », un article de la journaliste Noémi Mercier publié dans L’actualité après six mois d’immersion dans le club de lecture du pénitencier pour femmes de Joliette.  Maxime Beauregard-Martin a eu accès à l’ensemble de ses notes et de ses verbatims. Il a approfondi ses recherches en rencontrant à son tour des femmes ayant vécu l’incarcération ainsi que des intervenantes auprès de femmes judiciarisées.

À partir de cette matière, Maxime Beauregard-Martin s’est permis des libertés pour construire la trame dramaturgique et créer ses personnages. Suzanne va sortir n’est donc ni une reconstitution ni un documentaire : c’est une fiction inspirée du réel, qui nous fait entrer dans un club de lecture en prison, au cœur de l’univers de ces femmes.

UN TANDEM AU CŒUR DU THÉÂTRE DUBUNKER

Suzanne va sortir réunit François Bernier, directeur général et co-directeur artistique, et Maxime Beauregard-Martin, co-directeur artistique du Théâtre DuBunker, autour d’une volonté commune : porter au théâtre des voix qui trouvent peu de place dans l’espace public et dans nos récits collectifs.

Après le succès de Cinq balles dans la tête, qui avait pour cadre le milieu militaire, le Théâtre DuBunker s’intéresse cette fois aux femmes judiciarisées et à la réalité carcérale.  Avec humour et finesse, Suzanne va sortir réfléchit à la rédemption et au pouvoir de l’art dans nos vies.

UNE RENCONTRE APRÈS CHAQUE SPECTACLE

Le Théâtre DuBunker se fait un point d’honneur de poursuivre le dialogue avec des personnes directement concernées par ses créations et de rapprocher des réalités qui se côtoient peu. À l’image des échanges avec des membres du milieu militaire en parallèle des représentations de Cinq balles dans la tête, une activité de médiation sera proposée après chacune des représentations de Suzanne va sortir, en collaboration avec la Société Elizabeth Fry du Québec et Adhara. Ces rencontres permettront au public d’échanger notamment avec des femmes ayant vécu l’incarcération, des intervenants communautaires et des agents de programmes en détention, pour prolonger la réflexion sur les défis qui attendent les femmes à leur sortie de prison et dans leur parcours de réinsertion.

BANDE-ANNONCE



SUZANNE VA SORTIR
Du 17 novembre au 12 décembre 2026
Du mardi au jeudi 19 h / Vendredi 20 h / Samedi 16 h
Au Théâtre La Licorne, 4559 avenue Papineau, Montréal
Billetterie : 514 523-2246 / theatrelalicorne.com

Texte Maxime Beauregard-Martin / D’après l’article « Les mots qui libèrent » de Noémi Mercier / Dramaturgie Mathieu Leroux / Mise en scène François Bernier / Avec Maxime Beauregard-Martin, Émilie Gilbert, Nadia Girard-Eddahia, Élodie Grenier, Diane Lavallée, Carla Mezquita Honhon, Anne-Marie Olivier / Assistance à la mise en scène Charlotte Ménard / Décor et accessoires Pierre-Étienne Locas / Costumes Émily Wahlman / Musique Benoît Côté / Lumières Émile Beauchemin / Maquillage et coiffure Justine Denoncourt / Direction de production Charlie Cohen / Une coproduction du Théâtre DuBunker et du Théâtre La Bordée en codiffusion avec La Manufacture

Le Théâtre DuBunker souhaite également souligner l’apport de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques à l’écriture du texte.
Sur la photo : Élodie Grenier, Diane Lavallée, Nadia Girard-Eddahia © Jeremy Dionne



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