L’Ensemble Caprice a clos sa saison avec le pur et grand Magnificat de Bach, cette œuvre sacrée composée en 1731, par Johann Sebastian Bach, ce grand compositeur qui détient, à mes yeux, la palme de la sensibilité.
C’est dans une Maison symphonique remplie que le sympathique et très coloré chef d’orchestre Matthias Maute a dirigé d’une main de maître, joyeuse et alerte, l’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral qu’il a fondés il y a quelque 35 ans.
L’Orchestre de chambre Caprice et l’Ensemble vocal se spécialisent dans l’interprétation de la musique baroque et jouent, autant que faire se peut, avec des instruments d’origine. De plus, M. Maute tente de reproduire le plus possible l’atmosphère régnant durant l’époque baroque, en plaçant, par exemple, le chœur au- devant de la scène, comme le faisait Bach à l’époque.

Ce chef original, qui tient à nous faire partager sa passion, a tenu à diriger l’Ensemble et le Chœur avec une toute petite baguette de bois, en l’honneur de Mendelssohn, qui fut le premier chef d’orchestre à utiliser la baguette (XIX eme siècle). (On est quand même heureux que M. Maute n’ait pas fait comme Jean-Baptiste Lully, ce chef d’orchestre passionné, qui dirigeait l’orchestre en frappant le sol d’un bâton, et qui se l’est un jour planté directement dans le pied…entraînant sa mort.)
Donc, la première partie du concert affichait derechef ses couleurs, au sens propre et figuré. C’est le violoniste virtuose Mark Fewer, chemise et souliers bleu roi assortis, qui interpréta « Bellatrix », une œuvre disons plutôt originale, où les cris de combat d’arts martiaux accompagnaient les coups d’archet post-modernes du compositeur Jeffrey Ryan. Cette œuvre virtuose et singulière m’a semblé avoir été composée dans un état de frustration et de colère, visant peut-être « à faire sortir le méchant », comme on dit… En tout cas, c’est surprenant et, finalement, assez rafraîchissant… Le chef Matthias Maute n’a pas boudé son plaisir en faisant participer, à quelques reprises, l’Orchestre de chambre à ces cris libérateurs.
Le concert s’est poursuivi avec le Concerto pour violon no. 2 en mi mineur, op. 64 MWV O 14 (1845), de Félix Mendelssohn. Cette œuvre majeure de la musique romantique allemande a été achevée en 1844 et se caractérise par la qualité et la richesse foisonnante de son inspiration mélodique. Le violon solo a été joué par Mark Fewer, dans un tout autre registre, cette fois…
Après l’entracte, une surprise nous était réservée… L’Ensemble a joué le magnifique Jésus, Que ma joie demeure, de Bach (non inscrite au programme). Cette pièce – ma préférée – a été jouée cependant un peu trop vite à mon goût, mais bon…

Ensuite, l’Orchestre de chambre, l’Ensemble ArtChoral et les 4 solistes Janelle Lucyk, soprano, Ian Sabourin, contreténor, Angelo Moretti, ténor et Dion Mazerolle, baryton, ont interprété le magnifique et touchant Magnificat, de Bach. Cette œuvre vocale majeure, composée en 1731 en latin pour la fête de la Visitation de la Vierge Marie, contient 12 mouvements et nécessite un choeur à cinq voix, 5 solistes vocaux et un orchestre. Cette œuvre a été composée en ré majeur pour mettre en exergue l’éclat des trompettes. C’est une œuvre grandiose, solennelle, très harmonique, où le chœur alterne avec les solistes, et dont les 3 derniers mouvements se terminent de façon grandiose avec le chœur.
Les 3 concerts de l’Ensemble Caprice de l’année prochaine sont à ne pas manquer : La flûte enchantée (Mozart), Le Messie (Haendel) et La Passion selon Saint-Mathieu, (Bach).
Crédit photos : Tam Lan Truong
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