Luce Langis

Chroniqueure culturelle

Notre-Dame de Paris à Montréal: Tout un triomphe!


Par Luce Langis  | 11 septembre 2018 | Contenu original

C’était hier, le 10 septembre, que la première montréalaise de la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris avait lieu au Théâtre St-Denis. Pour l’occasion, on avait déroulé le tapis rouge, et tout le gratin médiatique et artistique a pu apprécier l’œuvre magistrale qu’ont réalisée conjointement l’auteur Luc Plamondon, le musicien Richard Cocciante et le metteur en scène Gilles Maheu, à partir du roman culte de Victor Hugo. Ce fut un véritable triomphe!

La comédie musicale Notre-Dame-de-Paris est une œuvre immense. Depuis sa toute première représentation, le 16 septembre 1998 à Paris, le spectacle n’a cessé d’éblouir son public partout où il est passé. Après une première tournée en France, il y a vingt ans, il a été présenté au Québec où il a connu un succès retentissant – tous s’en souviennent!, puis a continué sa route à Las Vegas, Londres, en Italie, Espagne, Russie… et, depuis 10 ans, en Corée! Chaque fois, ce fut un succès retentissant.

La représentation d’hier n’a pas fait exception.

Conçue comme une suite de petits tableaux racontant une page du roman de Victor Hugo, écrit en 1831, cette comédie musicale nous fait connaître cette magnifique et tragique histoire d’amour impliquant Esmeralda, Phoebus, Frollo, Quasimodo et Gringoire. Cette histoire originale, extrêmement touffue, riche et complexe, se passe en 1482 autour de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Ce roman épique, prenant place aux confins du Moyen-Âge et de la Renaissance, est raconté en 11 tomes par Victor Hugo! Il n’était donc pas aisé de tout résumer en quelque deux heures, comme l’a fait Luc Plamondon, à travers ce spectacle au succès mondial. Il lui a fallu faire des choix déchirants et retirer plusieurs chansons de la conception originale. Pour bien apprécier et comprendre cette comédie musicale résumée à son maximum, il est préférable – comme pour toute œuvre magistrale – de connaître préalablement l’histoire, au moins dans ses grandes lignes. Quoi qu’il en soit, la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris est une œuvre très rassembleuse qui plaît à tous, comme le démontre le nombre impressionnant de ses représentations à travers le monde!

Une importante distribution, comprenant des dizaines de chanteurs, danseurs et acrobates de grand talent provenant des quatre coins de la planète, assure le succès de cette entreprise gigantesque. Dans le rôle d’Esmeralda, on retrouve la jeune chanteuse libanaise Hiba Tawaji; Quasimodo est rendu, avec grande conviction, par l’Italien Angelo Del Vecchio; l’auguste et imposant Frollo est très bien défendu par un Daniel Lavoie magistral, tandis que Phoebus est incarné par Martin Giroux. On retrouve également Gringoire (Richard Charest), la chanteuse belge Idesse incarnant Fleur-de-Lys et le chanteur antillais Jay, incarnant Clopin. Les nombreux danseurs et acrobates, extrêmement agiles et performants, nous en mettent plein la vue, tout au long du spectacle. Les chorégraphies, très nombreuses, pleines de jeunesse et de vitalité, sont conçues par Martino Müller.

Les décors, fort impressionnants, sont l’œuvre de Christian Ratz. Lorsque le rideau s’ouvre, on a devant soi le décor de la façade de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, à laquelle s’accrochent les danseurs, qui font tellement corps avec l’église, qu’ils s’y confondent. Lorsqu’ils s’en détachent graduellement, on est subjugués par l’effet d’optique créé. Fidèle à la description faite dans le roman, la cathédrale est encore en rénovation à cette époque (on constate avec plaisir que plusieurs détails de l’œuvre originale de Victor Hugo ont été respectés).

La mise en scène de Gilles Maheu est extrêmement dynamique et vivifiante. Les numéros sont rodés au quart de tour. Soulignons également l’excellent travail de l’éclairagiste Alain Lortie, qui rivalise d’inventivité pour « mettre en lumière » les éléments ciblés. Jouant constamment entre la noirceur et l’éclairage ciblé, il attire instantanément le regard là où il le désire.

La seule petite ombre au tableau, que moi et quelques amis avons notée, c’est que nous perdions parfois certaines paroles des chanteurs, enterrées par une musique légèrement trop forte.

Quel plaisir ce fut de voir apparaître sur la scène, après la représentation, les concepteurs de ce spectacle, venus marquer le vingtième anniversaire de la comédie musicale! Ce fut un moment très apprécié de la foule.

Bref, ce fut une soirée extrêmement agréable, sous le signe de la beauté et de la magie!

La comédie musicale Notre-Dame-de-Paris sera présentée au Théâtre St-Denis jusqu’au 6 octobre. Pour voir la programmation complète, cliquez ici.

Artistes / personnalités :Luc Plamondon Gilles Maheu Richard Cocciante



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